Frances Widdowson

Affaire médiatisée
08/09/2020
Secteur concerné : Université

Institution concernée

Université de Lethbridge

4401 University Drive West
Lethbridge, AB T1K 3M4
Canada

Personnes et institutions mises en cause

Conférencier(s)

Type de problème soulevé

Contestation d’une conférence

Description

Frances Widdowson, ancienne professeure à l’Université Mount Royal, a vu la conférence qu’elle devait prononcer à l’Université de Lethbridge être annulée en février 2023 à la suite de contestations internes. Invitée par le professeur de philosophie Paul Viminitz, elle devait s’exprimer sur le thème « Comment le wokisme menace la liberté académique ». La décision initiale de l’université d’autoriser l’événement a été revue après la montée d’une opposition, incluant deux pétitions, des déclarations du Département d’études autochtones et de membres du corps professoral, ainsi qu’un large mouvement de protestation sur le campus.

La direction de l’université a justifié l’annulation en invoquant que « les affirmations qui cherchent à minimiser l’impact significatif et préjudiciable du système canadien des pensionnats autochtones sont nuisibles » et que la tenue de la conférence contrevenait à l’engagement de l’établissement envers la réconciliation et la sécurité de la communauté universitaire. Malgré l’annulation officielle, Widdowson a tenté de donner sa conférence dans un espace public du campus, mais a été confrontée à une importante mobilisation étudiante et professorale qui a empêché le déroulement de l’événement. Elle a finalement présenté son exposé en ligne.

Frances Widdowson est connue pour ses prises de position controversées, notamment pour avoir défendu ce qu’elle considère comme des avantages éducatifs du système des pensionnats autochtones et pour avoir critiqué le mouvement Black Lives Matter, affirmant qu’il avait « détruit » son université. Ces positions lui ont valu des critiques importantes et ont mené à son congédiement de l’Université Mount Royal en 2021, officiellement pour des motifs liés à l’environnement de travail et à des plaintes internes, mais qu’elle attribue à son opposition aux politiques dites « woke ».

Ses défenseurs, dont Jordan Peterson et Jonathan Kay, soutiennent que son éviction et l’annulation de ses conférences relèvent d’une atteinte à la liberté académique et à la liberté d’expression, et dénoncent une tendance croissante à l’exclusion des voix dissidentes dans les milieux universitaires canadiens. Widdowson poursuit actuellement l’Université de Lethbridge en justice, estimant que l’annulation de l’événement a enfreint ses droits fondamentaux à la liberté d’expression et de réunion garantis par la Charte canadienne des droits et libertés.