Maughan v. UBC (2008)

Affaire judiciarisée
04/01/2008
Secteur concerné : Université

Institution concernée

Université de la Colombie-Britannique

6200 University Boulevard
Vancouver, BC V6T 1Z4
Canada

Domaine de droit

Droit de la personne

Tribunal

Cour supérieure

Niveau d’instance

Première instance

Nature des motifs

Liberté religieuse ou de conscience

Personnes et institutions mises en cause

Administration, direction

Enseignant(s)

Personnes ou institutions plaignantes

Élève(s), étudiant(s)

Type de problème soulevé

Touchant les tâches: enseignement, recherche, services à la collectivité

Contenu de cours, matériel pédagogique

Description

Parties à la cause

Demandeuse : Cynthia Maugan

Défendeur : UBC, L.Weir, S. Egan, A. Scott et J. Seagle

Faits

En réaction à un article partagé à la communauté étudiante sur un parti politique professant des positions conservatrices chrétiennes, un étudiant formule une remarque qui se veut humoristique en jouant sur le double sens du terme stoned en anglais écrivant « He makes me recall fondly a time period were christans were stoned 😊 » (notre traduction : Il me rappel avec tendresse une époque où les chrétiens était lapidés/gelés 😊).

La demandeuse de confession anglicane se sent troublé et indique qu’elle a trouvé le message choquant retenant le sens de lapidation mais laisse l’affaire là.

L’étudiante s’inscrit ensuite dans un séminaire du département d’anglais. Elle est amenée à lire un texte qu’elle interprète comme attaquant injustement ses croyances. En classe et dans ses travaux, elle essaie de défendre son point de vue malgré les contre-arguments de ses collègues et de son enseignante. L’ambiance du séminaire n’est plus très bonne, la demandeuse refusant notamment de participer aux échanges en classe. Ses travaux visent à défendre ses convictions religieuses et son point de vue dans ce débat.

Elle demande en outre des accommodations que la professeure accorde dans certains cas et d’en d’autres non.

Elle reçoit une note qui ne la satisfait. Elle avance que cette mauvaise note est due au biais anti-chrétien de l’enseignante. Elle confie ses préoccupations à la faculté et fini par enclencher un processus de plainte. Le processus n’aboutit pas, les instances de l’université concluant que la professeure a agi conformément à son rôle et refuse de lui permettre de présenter un nouveau travail.

Elle introduit donc un recours en justice avançant que :

  1. La professeur aurait violé la Civil Rights Protection Act de la Colombie-Britannique
  2. La professeur, certains membre de la faculté et l’université auraient violé par négligence le duty of care qui lui serait dû en la laissant, entre autres, être discriminée en raison de ses convictions religieuse.

Base légales mobilisées

Civil Rights Protection Act,

Le « tort of negligence » tel que reconnue dans la Common Law

Décision

La Cour note que le fardeau de la preuve n’est pas rempli pour aucune des deux demandes. La demandeuse n’établit aucun des faits reproché mais se base sur des conjonctures, des spéculations infondées et des malentendus .

La Cour constate que, dans le cadre académique où les idées sont discutées avec vigueur, les interventions de nature judicaire doivent être aussi restreinte que possible.

Un haut degré d’exigence en matière de preuve est nécessaire dans ce genre d’affaire et ce essentiellement pour protéger la liberté académique des universitaires.

Référence : 2008 BCSC 14

Décision confirmé dans Maughan v. University of British Columbia (2009)