Jennifer Berdahl

Affaire médiatisée
08/08/2015
Secteur concerné : Université

Institution concernée

Université de la Colombie-Britannique

6200 University Boulevard
Vancouver, BC V6T 1Z4
Canada

Personnes et institutions mises en cause

Administration, direction

Type de problème soulevé

De nature politique, idéologique, affectant l’institution (autonomie institutionnelle) ou les personnes (liberté individuelle)

Ingérence du privé ou d’un donateur

Touchant la gestion/les décisions des institutions

Sanctions abusives, blâmes ou avertissement

Description

En août 2015, Jennifer Berdahl, professeure en études du leadership, du genre et de la diversité à la Sauder School of Business de l’Université de Colombie-Britannique (UBC), publie un billet de blogue spéculant sur le départ soudain du président de l’université, Arvind Gupta, après seulement 13 mois en poste. Elle suggère que Gupta aurait perdu un « concours de masculinité » au sein de la direction de l’UBC, soulignant les défis systémiques rencontrés par les minorités dans des institutions dominées par des hommes blancs.

Interventions controversées

  • Appels téléphoniques : John Montalbano, président du conseil d’administration de l’UBC et donateur du poste de Berdahl, la contacte pour critiquer son billet, estimant qu’il nuit à la réputation du conseil et pourrait compromettre son financement par la Banque Royale du Canada. Des responsables administratifs, dont un doyen associé et une vice-doyenne à l’équité, l’interpellent également, annulant une réunion prévue lorsqu’elle demande à y inclure un représentant syndical.

  • Conséquences perçues : Berdahl dénonce une tentative de « museler » ses opinions, affirmant que ces pressions constituent une atteinte à sa liberté académique.

Réactions institutionnelles

  • Enquête Lynn Smith : Une enquête indépendante menée par l’ex-juge Lynn Smith conclut en octobre 2015 que l’UBC a failli à son obligation de protéger la liberté académique de Berdahl. Bien qu’aucune violation directe ne soit retenue, le rapport juge les actions de Montalbano « sans précédent et imprudentes » et critique l’absence de soutien institutionnel à Berdahl.

  • Démission de Montalbano : Sous pression, Montalbano démissionne de son poste de président du conseil d’administration.

  • Condamnations : L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) et la Confédération des associations de professeurs de Colombie-Britannique (CUFA BC) dénoncent un manquement systémique à la défense de la liberté académique et réclament des réformes de gouvernance.

Contexte plus large

  • Départ opaque de Gupta : Les raisons exactes du départ de Gupta restent inconnues en raison d’une clause de confidentialité. Des documents divulgués par erreur révèlent des tensions croissantes entre Gupta et le conseil d’administration, notamment des critiques sur sa gestion des relations avec les parties prenantes.

  • Débats sur la transparence : L’affaire soulève des questions sur l’opacité des processus décisionnels à l’UBC et l’influence excessive des administrateurs nommés politiquement.

Impact académique et médiatique

  • Mobilisation : Plus de 5 000 signatures sont recueillies pour soutenir Berdahl, tandis que des professeurs critiquent la culture « corporative » de l’UBC.

  • Enjeux structurels : Le cas met en lumière les tensions entre liberté d’expression, responsabilités administratives et pressions externes dans les universités canadiennes, incitant à des appels pour renforcer l’autonomie académique et la transparence institutionnelle.

Résolution : Aucune sanction disciplinaire n’est imposée à Berdahl, mais l’UBC s’engage à revoir ses politiques de gouvernance. L’affaire reste un exemple emblématique des défis liés à la protection de la liberté académique face aux intérêts institutionnels.