Valentina Azarova

Affaire médiatisée
10/01/2020
Secteur concerné : Université

Institution concernée

Université de Toronto

27 King’s College Circle
Toronto, ON
Canada

Personnes et institutions mises en cause

Administration, direction

Type de problème soulevé

De nature politique, idéologique, affectant l’institution (autonomie institutionnelle) ou les personnes (liberté individuelle)

Ingérence du privé ou d’un donateur

Touchant la gestion/les décisions des institutions

Description

À l’automne 2020, une controverse éclate à la Faculté de droit de l’Université de Toronto après que le doyen décide de ne pas nommer Valentina Azarova au poste de directrice du Programme international des droits de la personne (IHRP), malgré la recommandation unanime du comité de sélection. Azarova, spécialiste du droit international et reconnue pour ses travaux critiques sur les violations des droits humains en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, avait accepté verbalement l’offre en août 2020.

Peu après, un juge de la Cour canadienne de l’impôt, également donateur important de l’université, exprime à la faculté ses préoccupations concernant la nomination de Mme Azarova en raison de ses publications. L’offre d’emploi est alors retirée début septembre 2020. Cette décision a été largement perçue comme motivée par des pressions externes et a suscité des critiques nationales et internationales, plusieurs associations universitaires et membres du corps professoral dénonçant une atteinte grave à la liberté académique.

L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) a imposé un blâme à l’administration de l’Université de Toronto, concluant que la décision d’annuler l’embauche de Mme Azarova était motivée par des raisons politiques et constituait une violation des principes de la liberté académique. Une enquête indépendante menée par un juge à la retraite n’a pas retenu l’influence extérieure comme facteur déterminant, mais cette conclusion a été contestée par plusieurs parties prenantes.

Face à la pression, l’Université de Toronto a finalement réoffert le poste à Mme Azarova en 2021, mais celle-ci a décliné l’offre, invoquant le climat persistant de controverse et de pression entourant sa candidature. L’affaire a mis en lumière les risques d’ingérence de donateurs et de pressions externes sur les processus d’embauche universitaire et a relancé le débat sur la protection effective de la liberté académique au Canada.