Lindsay Shepherd

Affaire médiatisée
01/11/2017
Secteur concerné : Université

Institution concernée

Université Wilfrid Laurier

75 University Avenue West
Waterloo, ON N2L 3C5
Canada

Personnes et institutions mises en cause

Assistant(s) d’enseignement

Type de problème soulevé

Contenu de cours, matériel pédagogique

Description

Le 1er novembre 2017, Lindsay Shepherd, assistante d’enseignement et étudiante à la maîtrise à l’Université Wilfrid Laurier, présente à ses étudiants deux extraits d’un débat télévisé diffusé sur TVOntario, opposant le psychologue Jordan Peterson à un autre professeur, au sujet de l’utilisation des pronoms neutres et du projet de loi C-16. Shepherd expose la vidéo de manière neutre, dans le cadre d’une discussion sur le langage et les débats sociaux.

Le 8 novembre 2017, Shepherd est convoquée à une rencontre avec le professeur Nathan Rambukkana, le coordinateur du programme Herbert Pimlott et la responsable par intérim de la prévention de la violence sexiste et des agressions sexuelles, Adria Joel. Lors de cette réunion, elle est réprimandée pour avoir montré la vidéo sans la condamner explicitement, ce qui, selon ses supérieurs, aurait créé un climat toxique pour certains étudiants et légitimé des opinions jugées transphobes. Shepherd enregistre secrètement la conversation, au cours de laquelle il lui est reproché d’avoir présenté la vidéo de façon neutre, certains comparant cette neutralité à celle qu’on aurait si on présentait des discours d’Adolf Hitler.

Le 10 novembre 2017, après avoir été contactée par Shepherd et avoir reçu l’enregistrement de la réunion, la journaliste Christie Blatchford publie un article dans le National Post, ce qui déclenche une controverse médiatique nationale sur la liberté académique et la liberté d’expression à l’université.

Le 16 novembre 2017, l’Université Wilfrid Laurier annonce l’ouverture d’une enquête indépendante menée par un tiers pour faire la lumière sur l’incident et examiner les politiques internes.

Le 17 novembre 2017, une pétition est lancée pour soutenir Lindsay Shepherd et défendre la liberté d’expression sur les campus universitaires.

Le 21 novembre 2017, la présidente de l’université, Deborah MacLatchy, ainsi que le professeur Nathan Rambukkana, présentent chacun une lettre d’excuses à Lindsay Shepherd. MacLatchy reconnaît que la réunion et la façon dont Shepherd a été traitée ne reflètent pas les valeurs de l’université, et Rambukkana admet qu’il aurait dû mieux soutenir Shepherd et regrette certaines comparaisons faites lors de la réunion.

Le 30 novembre 2017, plusieurs professeurs de l’université participent à un débat télévisé sur TVO Today afin de discuter des enjeux de liberté d’expression et de diversité sur les campus.

Le 18 décembre 2017, la présidente Deborah MacLatchy publie une déclaration à la suite du rapport de l’enquête indépendante, admettant qu’aucune plainte formelle ou informelle n’avait été déposée contre Shepherd, que la réunion n’aurait pas dû avoir lieu, et que Shepherd n’avait enfreint aucune politique de l’université. Elle conclut qu’il n’y avait eu aucun manquement de la part de Lindsay Shepherd dans la présentation du débat en classe

Analyse

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